03.05.2007

Le débat dont parle l'actualité : revue de presse

Après tant de tergiversations sur les deux candidats à l'élection présidentielle, je vous propose de lire ici la revue de presse de l'Usine Nouvelle qui a le mérite de consacrer à la presse écrite une part légitime. La réforme de l'Etat, des administrations dans le Kaizen et l'esprit d'équipe n'est pas encore d'actualité. Autant, pour l'instant, regarder les débats actuels :

"Le duel a tenu ses promesses
Impossible de le rater ! Le débat qui s’est tenu hier entre Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy s’affiche en une de la plupart de vos quotidiens du jour. Un débat « musclé » résume le Parisien pour qui : « Royal et Sarkozy ne se sont pas fait de cadeaux ». Mais qui a gagné ? Qui a perdu ?
Pour le journal francilien, qui ne donne pas vraiment son avis sur la question : « Royal est davantage restée dans les généralités, jouant sur l’émotion (à propos des handicapés par exemple) et voulant se montrer plus humaine. Sarkozy, lui, s’est accroché à sa connaissance des dossiers… Ce qui ne les a pas empêchés de se tromper tous les deux sur le nucléaire ».
La candidate socialiste accusant son rival d’avoir « proféré une série d’erreurs » et l’invitant à « réviser un peu [son] sujet » a affirmé que le nucléaire représentait 17% de la production électrique française. Le candidat UMP a, de son côté, avancé le chiffre de 50% alors que, relèvent le Figaro et les Echos, le chiffre réel est de l’ordre de 80%...  Ségolène Royal a en revanche relevé à juste titre que l’EPR est un projet nucléaire de troisième génération et non de quatrième, comme l’a soutenu Nicolas Sarkozy.
Malgré ces boulettes atomiques, « Nicolas Sarkozy a eu la main pendant la majeure partie du débat », estime les Echos. Le journal économique relève que le candidat UMP a mené le débat tandis que son homologue du PS, même si elle « a fait preuve sur le nucléaire et le handicap d’une grande pugnacité », est apparue « à bien des moments sur la défensive ».
Du côté du Figaro, Alexis Brézet relève dans son éditorial tout le paradoxe de cette confrontation : « à l’issue de ce débat très attendu -trop peut-être- chacun aura pu rentrer chez soi avec le sentiment du devoir accompli ». Chacun peut célébrer son champion et railler l’adversaire. « Mais lequel des deux aura finalement conquis, après 2h40 de discussions, les fameux indécis, ceux qui ont voté François Bayrou au premier tour ? », interroge le Parisien. Bref, qui a gagné ce débat ?
Laurent Joffrin, PDG de Libération, tranche dans son éditorial : « Nicolas Sarkozy n’a pas perdu. Mais Ségolène Royal a gagné. Pourquoi un jugement si lapidaire ? Parce que dans ce débat  fait de passion froide et de retenue agressive, la candidate l’a emporté sur un point essentiel : la légitimité ».
Autre point de vue (évidemment) dans l’édito du Figaro pour qui : « sur le plan de la stature présidentielle, l’avantage va évidemment à Sarkozy ». La raison ? Le champion de l’UMP était « précis » et « sûr de lui », alors que la candidate PS a été « floue souvent, agressive parfois », estime l’éditorialiste.
Vu de Suisse, « c'est un Nicolas Sarkozy fidèle à son personnage d'homme d'action, compétent, et cette fois capable de se maîtriser qu'a montré cette joute télévisuelle. Ségolène Royal, à l'inverse, s'est montrée habile à pointer les fractures françaises et à souligner la situation difficile des catégories vulnérables de la population », estime le Temps. Le quotidien genevois note que Ségolène Royal « mise en difficulté plusieurs fois par les questions de son adversaire, s'est montrée redoutable dans le questionnement mais a eu tendance à esquiver les interrogations et à faire des réponses floues ».
Plus explicite, le quotidien bruxellois l’Echo affirme sans ambages que : « Royal a été devancée par Sarkozy le professionnel ». Un avis partagé par la Libre Belgique dont l’éditorialiste conclut : « Ségolène Royal est éminemment sympathique. Elle n'est pas crédible. Nicolas Sarkozy apparaît comme un psychorigide. Il sait ce qu'il veut ».
Sans trancher sur le nom du vainqueur, le Guardian estime de son côté que « Ségolène Royal a mis le feu au débat » en attaquant son adversaire. A tel point , note New York Times, qu'« à certains moments les candidats semblaient plus engagés dans une élection locale que candidat à la présidence d'une puissance nucléaire »."